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Yzaguirre vermouth : ce qu’il faut savoir pour bien le déguster

Yzaguirre vermouth : ce qu’il faut savoir pour bien le déguster

Le vermouth est une promenade entre les collines d’épices et les vallées d’amertume. Un apéritif aux racines anciennes, certes, mais qui connaît un renouveau digne des plus grands millésimes. Dans cette joyeuse résurrection, une maison tire son épingle de la bouteille : Yzaguirre. Ce nom à la musicalité ibérique cache un savoir-faire ancestral qui mérite qu’on s’y attarde, qu’on le goûte, qu’on le raconte. Préparez votre verre, quelques glaçons, peut-être une tranche d’orange insolente. On part en Espagne, cap sur Reus, terres brûlées de soleil et de traditions liquoreuses.

Un vermouth entre arômes et histoires : bienvenue chez Yzaguirre

Fondée en 1884, la maison Yzaguirre élabore ses vermouths selon des recettes presque secrètes, transmises comme des gri-gris précieux à l’intérieur des murs de la cave – ou plutôt de la bodega. Car ici, en Catalogne, c’est bien plus qu’une boisson : c’est un rituel. Un peu comme la messe du dimanche, sauf qu’on y préfère les effluves de vanille, d’absinthe et de cannelle aux encens monastiques.

Leur particularité ? Un assemblage de vins blancs d’Aragon ou de Catalogne, légèrement oxydés, auxquels est ajouté un bouquet de plus de 80 herbes aromatiques et épices. Chaque gorgée est donc une petite odyssée botanique : on commence sur des notes douces, presque caramélisées, avant d’être doucement secoué par l’amertume poivrée, comme un clin d’œil malicieux de la Méditerranée.

Mais ne vous y trompez pas : le vermouth Yzaguirre ne se hâte jamais. Il prend son temps. Certains de ses flacons sont élevés en fût de chêne plusieurs mois, voire plus d’un an pour le « Reserva ». C’est cette patience qui lui offre ce caractère si particulier, entre intensité aromatique et texture veloutée.

Comment bien déguster Yzaguirre ? Ce qu’il faut savoir

Avant même d’ouvrir la bouteille, il faut savoir que toute dégustation de vermouth est une danse à pas mesurés. Il s’agit d’écouter le vin, de s’arrêter entre deux gorgées pour mieux saisir ce qu’il raconte. Et chez Yzaguirre, chaque cuvée a sa propre voix.

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Voici quelques conseils d’initié pour apprécier pleinement le vermouth de cette maison catalane :

  • Température idéale : Servez-le bien frais, entre 6 et 8°C. Trop froid, et il devient timide. Trop chaud, il devient bavard… mais dans le mauvais sens du terme.
  • Le choix du verre : Un simple verre à vin blanc fait l’affaire, mais un tumbler court, style verre à whisky, accentue sa rondeur et offre plus d’espace aux glaçons et aux garnitures aromatiques.
  • Garnitures en fête : Une tranche d’orange, un zeste de citron, quelques olives vertes ou une branche de romarin… Le vermouth adore qu’on le pare comme un dimanche. Attention toutefois à ne pas masquer ses arômes avec trop d’extravagance.
  • Avec ou sans bulle ? Le vermouth Yzaguirre aime aussi flirter avec un tonic neutre ou une eau pétillante bien fraîche. Une version allongée idéale pour les après-midis estivaux, entre cigales et cousins bruyants.

Les différentes cuvées Yzaguirre : laquelle choisir selon l’humeur ?

La maison propose une gamme aussi variée que la palette d’un créateur de parfums. Voici quelques repères pour s’y retrouver :

  • Yzaguirre Clásico Rojo : Le plus emblématique. Couleur rubis chaude, arômes d’épices douces, sucre discret. Idéal pour les apéritifs conviviaux, il se marie à merveille avec des tapas, olives, amandes grillées et jambons à tranches fines comme la poussière.
  • Yzaguirre Blanco : Plus clair, plus floral, presque muscaté. Moins amer, il plaît au palais délicat, un choix élégant pour ceux qui débutent dans l’univers des vermouths. Essayez-le avec du fromage de chèvre ou une salade d’agrumes mentholée.
  • Yzaguirre Reserva Rojo : L’orfèvre de la maison. Vieilli 12 mois en fût de chêne, il dévoile une vinosité complexe, des arômes de fruits secs et de balsamique. À réserver pour les grandes occasions… ou pour les soirs où l’on décide que l’on en est une. Il se suffit à lui-même, comme un bon roman.
  • Yzaguirre Dry Reserva : Sec et racé, le compagnon idéal pour un cocktail Negroni revisité. Moins sucré, il exprime pleinement les amers et le bois. À découvrir avec quelques copeaux de parmesan ou des fruits à coque.
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Anecdote maison : Un vieux barman de Barcelone m’a murmuré un jour que son père s’était marié grâce à un vermouth Yzaguirre Clásico. Il l’avait partagé avec celle qui deviendrait sa femme au bord des Ramblas, un soir d’automne, en écoutant un musicien de rue. On sous-estime souvent le pouvoir d’un bon vermouth sur le cœur.

Accords mets et vermouth : quand la table s’invite dans le verre

Chez nous, on aime bien parler de l’accord mets-vins. Mais avez-vous déjà pensé à l’accord mets-vermouth ? Avec son profil aromatique si large, le vermouth Yzaguirre appelle la gastronomie comme un chef appelle ses casseroles.

Voici quelques pistes pour jouer les harmonies :

  • Avec des produits de la mer : Le Blanco effleure la délicatesse des coquillages, du ceviche ou des sardines marinées avec une grâce méditerranéenne.
  • Avec des charcuteries espagnoles : Un Clásico Rojo apporte la juste fraîcheur et l’épice douce qui fait danser un chorizo ibérique ou une longaniza fumée.
  • Avec un dessert : Essayez le Reserva Rojo avec un fondant au chocolat noir ou une tarte aux figues… Vous verrez, c’est presque obscène de gourmandise.

Et pourquoi ne pas l’intégrer directement dans vos recettes ? Un déglaçage d’abats à la sauce vermouth, une crème glacée infusée au Reserva, ou même, pour les plus téméraires, un granité au Blanco et au pamplemousse… les idées ne manquent pas pour jouer avec l’élixir d’Yzaguirre.

Un rôle clé dans la mixologie contemporaine

Le vermouth Yzaguirre n’est pas qu’un apéritif de nonnas nostalgiques. Dans les bars à cocktails les plus pointus de Paris, Milan ou Buenos Aires, il retrouve une virginité créative. Son équilibre entre douceur et bitter en fait une base rêvée pour des classiques impériaux :

  • Negroni : gin, bitter, et vermouth rouge Yzaguirre Reserva. Un triptyque de puissance où la vinosité du vermouth agit comme liant sensuel.
  • Manhattan : rye whisky, vermouth Yzaguirre, bitter. Ici, le vermouth tempère l’austérité du seigle avec sa profondeur boisée.
  • Martinez : maraschino, gin, vermouth doux – le Blanco s’y glisse en toute élégance, métamorphosant le cocktail en souvenir ambré.
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Et pour les audacieux ? Un simple « Vermut Tonic », quelques feuilles de basilic, trois glaçons carrés. Simple, direct, hédoniste.

Le dernier mot appartient au palais

Yzaguirre, c’est bien plus qu’un nom aux airs de conquistador. C’est une invitation au voyage sensitif, un hommage aux artisans du goût et aux héritiers d’un certain art de vivre méditerranéen. Qu’on le savoure seul au calme d’une fin d’après-midi, ou partagé avec des amis rieurs autour d’anchois marinés, il dévoile toujours quelque chose de soi dans chaque gorgée.

Alors, êtes-vous prêt à laisser le vermouth Yzaguirre faire danser vos papilles ? Si vous prenez le temps de l’écouter, il pourrait bien vous raconter une histoire. La vôtre, peut-être.

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